L’UNICEF retire définitivement un rapport favorable au porno

By Alexis I. Fragosa, Esq.

WASHINGTON, D.C. le 8 octobre (C-Fam) Il semble que l’UNICEF ait définitivement retiré un rapport controversé sur la consommation de pornographie par les enfants.

Le rapport « Les outils numériques de contrôle en fonction de l’âge et les droits des enfantssur la toile » publié par l’UNICEF (le Fonds de l’ONU pour l’enfance) ne se contentait pas de conclure que la pornographie n’était pas toujours nuisible pour l’enfant.

S’appuyant sur une étude européenne conduite dans 19 pays selon laquelle, dans la plupart des pays, la plupart des enfants qui avaient visionné des images pornographiques n’étaient « ni affectés, ni heureux .» le rapport de l’UNICEF concluait que, la pornographie n’affectant pas systématiquement les enfants, les tentatives pour bloquer l’accès des enfants au porno en ligne pourrait être une atteinte à leurs droits humains.

L’UNICEF a supprimé le rapport de son site web rapidement après que le Friday Fax ait révélé son contenu en mai. Quelques jours après, l’UNICEF a publié une version modifiée qui ne modifiait pas l’analyse du rapport mais supprimait l’affirmation selon laquelle « il n’existe actuellement pas de consensus universel sur la nature et l’étendue du préjudice subi par lesenfants au visionnage de contenu classé X ». Le manque de « consensus » a selon l’UNICEF, pesé contre l’usage de « restrictions liées à l’âge » pour bloquer l’accès à la pornographie en ligne.

Najwa Mekki, la porte-parole de l’UNICEF, a dit au Friday Fax : « la position de l’UNICEF est sans équivoque : aucun enfant ne devrait être exposé à du contenu nuisible en ligne.Poussée dans ses retranchements, N. Mekki n’a pas souhaité préciser si l’UNICEF considère que le porno est nocif pour les enfants.

Après que le Friday Fax ait mis en lumière ces révisions stratégiques, l’UNICEF a de nouveauretiré le rapport. Actuellement, après 17 semaines, le rapport est toujours absent du site web de l’UNICEF et son retrait semble définitif.

Plus de 400 experts de la protection de l’enfance de 26 pays ont fortement condamné le rapport dans une lettre adressée à la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, affirmant que le rapport de l’UNICEF met en danger le développement psychologique etsocial des enfants dans le monde en ne tenant pas compte «des nombreuses recherches démontrant les dégâts causés aux enfants par la pornographie.»

La recherche suggère fortement que la pornographie peut être psychologiquementaddictive, et peut affecter négativement la qualité des relations interpersonnelles, la santé et les performances sexuelles, et les attentes sociales en terme de comportement sexuel.

Chez les adultes, la pornographie a été associée à « une baisse de la matière grise dans les sections du cerveau qui sont associées à la motivation et la prise de décision ». Il n’existe pasde démonstration scientifique prouvant que les adolescents, dont le cerveau est moins développé, sont plus résiliants et protégés contre les effets négatifs associés aux visionnage de porno.

Il y a dix ans, l’Institut Witherspoon basé à l’Université de Princeton, a accueilli uneconférence pluri-disciplinaire explorant les dégâts causés par la pornographie. Parmi les nombreuses découvertes, il ressortait que la pornographie redessine le trajet neuronal du cerveau. C’est tout particulièrement inquiétant dans le cadre des cerveaux en formation desjeunes. La Conférence de Witherspoon a aussi mis en lumière que plus de la moitié des déclarations de divorce citaient l’addiction au porno comme raison de la séparation.

La pornographie tend vers la violence. En 2O19, la BBC a démontré à quel point le pornoviolent fait maintenant partie des relations sexuelles chez les jeunes, incluant claques, cheveux tirés et même étranglement. Les jeunes hommes en sont venus à croire que c’est ceque veulent les femmes.

Ces dernières années, quelques assemblées législatives d’états américains ont inscrit la pornographie comme problème de santé publique. Même le parlement canadien a exprimé son inquiétude.

C-Fam a demandé un rendez-vous avec le Directeur exécutif de l’UNICEF pour discuter de la question. C-Fam, éditeur du Friday Fax, a fait circuler une pétition demandant le retrait définitif du rapport du site web de l’UNICEF. La pétition a recueilli près de 25 000 signatures. Lademande de rendez-vous est restée sans réponse.