Des experts proposent une gouvernance technologique favorable à la famille

By | 2026

NATIONS UNIES, 24 avril (C-Fam) Lors de la session de la Commission des Nations Unies pour le Développement Social (CDS) qui venait de s’achever, un groupe d’experts en droit, en politique et en recherche a plaidé en faveur d’un modèle de gouvernance accordant la priorité au bien-être des familles dans le cadre du progrès technologique et du développement social.

Lors d’un événement parallèle intitulé « Repenser la politique démographique à l’ère numérique », les intervenants ont mis en garde contre une évaluation du développement et de la résilience de la société fondée uniquement sur les « résultats démographiques ».

Au lieu de cela, M. Hafid Hachimi, directeur des politiques des Nations Unies chez Family Watch International, a présenté un cadre de gouvernance fondé sur le principe de subsidiarité. Ce modèle respecte la famille en tant qu’institution la plus proche chargée de l’éducation des enfants et établit un équilibre entre « autorité, responsabilité et participation » au sein des familles, des institutions publiques et des autres acteurs.

Sur la base de ce cadre, « le rôle de l’État est réel, mais il doit être de soutien, et non de substitution [par rapport aux familles] », a poursuivi M. Hachimi.

Jeremy Yorgason, professeur à la School of Family Life de l’université Brigham Young, a abordé la famille en tant qu’environnement clé pour le développement de liens d’attachement sécurisants et a présenté des recherches montrant comment ces liens influencent le développement de l’enfant et les relations à l’âge adulte.

« Lorsque des liens d’attachement sécurisants ne sont pas formés et entretenus, les individus peuvent développer une tendance à éviter la proximité avec les autres, ou aborder les relations intimes avec anxiété », a continué M. Yorgason.

Le professeur Yorgason a mis en garde contre l’impact négatif de la « technoférence » sur les liens d’attachement sécurisants, « qui survient lorsque la technologie ou les téléphones portables  interfèrent avec les relations interpersonnelles ».

  1. Yorgason a cité des études montrant que lorsque « la technoférence parentale se produisait, les nourrissons présentaient davantage d’effets négatifs, les adolescents faisaient état de relations plus tendues avec leurs parents, et les parents réagissaient de manière plus sévère envers leurs enfants ». M. Yorgason a demandé aux gouvernements d’examiner comment « le développement et le maintien de liens d’attachement sécurisants sont affectés ou entravés par l’interférence de la technologie ».

Autumn Dorsey, chercheuse associée invitée au Center for Technology and the Human Person at Heritage (Centre pour la technologie et la personne humaine à Heritage), a évoqué la technologie comme une arme à double tranchant ayant « le potentiel de faire un bien extraordinaire », mais aussi la capacité d’exploiter et de nuire aux enfants.

Mme Dorsey a mis en garde contre la montée en puissance des chatbots IA (robots de discussion avec l’IA) qui simulent des relations et faussent la compréhension qu’ont les enfants des liens interpersonnels, ainsi que contre les chatbots qui « simulent des conversations sexuellement explicites », y compris celles impliquant des mineurs. « C’est insensé. Pourquoi faisons-nous une chose pareille ? » a demandé Mme Dorsey.

Mme Dorsey a évoqué la responsabilité première des parents de protéger les enfants contre les technologies nocives, mais a déclaré que les parents menaient « un combat inégal » contre des « entreprises pesant des milliards de dollars ».

Mme Dorsey s’est prononcée en faveur de la création de « comptes pour enfants, voire d’appareils spécialement conçus pour les enfants, qui offriraient davantage de possibilités de désinscription », ainsi que d’une vérification réelle de l’âge et de « modèles de consentement parental ».

Stefano Gennarini, vice-président du Centre d’études juridiques de C-Fam (l’éditeur de Friday Fax), a déclaré que « les droits parentaux et la famille ont toujours été considérés comme étant au cœur du projet des Nations unies », ce qui constituait « non seulement une aspiration générale, mais véritablement une obligation juridique fondamentale ».

M. Gennarini a fait remarquer que ce cadre « est de plus en plus remis en cause dans le contexte des travaux du système des Nations unies ». Il a évoqué les efforts déployés par la bureaucratie onusienne et plusieurs gouvernements pour accorder aux enfants une plus grande autonomie, notamment en ligne et dans les domaines des « droits sexuels » et de l’accès à « l’avortement médicamenteux » et à « des contraceptifs puissants », ce qui supplante le rôle et l’autorité légitimes des parents et expose les enfants à des risques.

Cet événement a été organisé par Family Watch International, C-Fam, la Mission permanente de Djibouti auprès des Nations unies et la Heritage Foundation.