Editorial: La déception de la Hongrie

By Austin Ruse | 2026

WASHINGTON, D.C., 17 avril (C-Fam) Il y a quelques années, j’ai pris part à un déjeuner privé réunissant environ vingt personnes pour rencontrer l’Ambassadeur de la Hongrie auprès des États-Unis. La conversation, pleine d’entrain, a principalement consisté à féliciter Orbán pour tout ce qu’il avait accompli en matière de politique intérieure. Le but était d’inciter les conservateurs américains à faire cause commune avec le gouvernement d’Orbán.

J’ai demandé à l’ambassadeur s’il savait que, à l’ONU, son gouvernement défendait des positions gauchistes sur les questions relatives à la vie et à la famille. Il m’a dit de lui transmettre toute information dont je disposais, et qu’il l’étudierait.

Une des personnes pro-vie présentes à table me prit à part et me remercia d’en avoir parlé. Puis, cette personne m’a informé que son groupe ne pouvait pas le faire, car il travaillait avec la Hongrie sur des « projets ». Je n’ai que trop vu ce genre d’interaction ces dernières années. De bons conservateurs se dérobant à des questions clés, je suppose, pour garder leurs « accès ». La menace de perdre des accès effraie les cœurs les plus braves.

J’ai joué le jeu et lui ai transmis les positions que son gouvernement prenait dans les négociations en cours, dans lesquelles il se rangeait du côté des ennemis de la vie et de la famille. La réponse fut d’accuser C-Fam de travestir la position de son gouvernement. Ce qui est faux.

Le fait est qu’il savait depuis le début que la Hongrie était alignée avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, et même les Scandinaves sur la promotion de l’idéologie du genre et de l’avortement. Mais il n’a rien fait contre.

Quand nous parlons à nos amis et alliés conservateurs de ce que fait la Hongrie aux Nations unies, cela provoque de la surprise si ce n’est de la stupéfaction. Comment la Hongrie pourrait-elle soutenir l’idéologie du genre ou l’avortement dans les politiques de l’ONU ? La Hongrie est si solide ! Certes, la politique intérieure de la Hongrie est solide. Pour les négociations à l’ONU, c’est une autre affaire.

La Hongrie a refusé de s’opposer à l’expression « Santé et droits reproductifs et sexuels », alors même que l’Union européenne utilise cette expression pour imposer dans le monde entier  l’avortement et les techniques de rejet du sexe biologique. Elle a refusé de rejeter les expressions « orientation sexuelle » et « identité de genre », alors même que l’Union européenne et les organisations de l’ONU les utilisent pour imposer aux écoliers du monde entier leur agenda sur le genre. Ces derniers mois, ils ont voté contre l’expression « pédoporn », préférant une expression dictée par Bruxelles, qui permet aux nations de décriminaliser la pédopornographie virtuelle.

Au fil des années, une poignée de Hongrois très hauts placés ont signalé cela au gouvernement d’Orbán à Budapest, en vain. Orbán n’a rien fait contre. Récemment encore, le mois dernier, à la Commission sur le statut des femmes, les diplomates hongrois ont continué à entraîner activement les délégations de l’Union européenne vers des positions anti-famille.

Il y a quelques années, de valeureuses personnes de l’Institut Danube, basé à Budapest (et dirigé par un membre du conseil d’administration de C-Fam, John O’Sullivan), m’ont permis de donner une conférence sur ce sujet. Pendant que j’y étais, des journalistes conservateurs ont défendu la position gauchiste de la Hongrie à l’ONU. J’ai même entendu dire que la position gauchiste de la Hongrie à l’ONU n’est pas en contradiction avec les lois internes de la Hongrie. Cette réponse relève plus de l’ignorance et de la complaisance envers les politiques de l’ONU que d’une réflexion sérieuse. La Hongrie, qui insiste bruyamment sur la souveraineté nationale, accepte volontiers de permettre à l’Union européenne et aux Nations unies de violer, au nom de la Hongrie, la souveraineté des États qui s’opposent à l’agenda sexuel de gauche.

L’universitaire américain Gladden Pappin, qui a déménagé sa famille de l’Université de Dallas à Budapest il y a quelques années pour en conseiller le gouvernement, dira que ce qui se passe à l’ONU n’a aucune importance. Si c’est vrai, on se demande bien pourquoi les nations de l’Union européenne et les institutions européennes dépensent des milliards à essayer d’influencer les conclusions produites à l’ONU. Quoi qu’il en soit, les Hongrois vont bientôt pouvoir le constater.

Il aurait été facile à de puissants conservateurs américains, bien plus influents que C-Fam et ayant accès au gouvernement hongrois, de lui demander de prendre des positions pro-vie et pro-famille à l’ONU. Mais ils ne l’ont pas fait.

Il se peut qu’Orbán et son entourage n’aient été intéressés que par leur propre peuple et ne se soucient pas de ce qui arrive aux autres au-delà de leurs frontières. C’est une sorte d’égoïsme. Finalement, nous ne pleurons pas le départ d’Orbán et de son équipe. Nous avons peu d’espoir, mais nous attendons de voir ce que fera le nouvel élu.