Hommages à l’occasion du décès du Cardinal Renato Martino
WASHINGTON D.C., 21 novembre (C-Fam) Le nonce apostolique de longue date aux Nations Unies, le cardinal Renato Martino, est décédé il y a un mois. Nous avons rendu compte de son décès la semaine dernière. Les défenseurs pro-vie de l’ONU dès les premiers jours de notre combat ont rendu hommage au cardinal Martino.
Leonardo et Martha Casco du Honduras ont déclaré au Friday Fax :
« Le cardinal Martino était une personne extraordinaire avec une vision très claire de ce que les Nations Unies accomplissaient à l’insu de l’humanité et de la majorité des gouvernements du monde.
Grâce au cardinal, toute cette perversité qui s’est malheureusement infiltrée au sein de la plupart des nations a été démasquée. C’était un professeur éclairé qui nous a appris à nous battre avec perspicacité et ténacité pour les droits et les principes qui soutiennent notre civilisation chrétienne. Un exemple exquis de diplomatie et de fermeté. La vérité pour lui n’était pas négociable. Il avait rassemblé autour de lui un groupe de dirigeants et de combattants authentiques en faveur de la défense de la vie et de la famille.»
Dan Zeidler a été impliqué dès le tout début dans le mouvement pro-vie à l’ONU, une personne clé dans les premiers efforts pour bloquer l’instauration d’un droit mondial à l’avortement. Il a dit au Friday Fax :
« Je me souviens que Christine Vollmer du Venezuela, à l’époque déléguée du Saint-Siège, m’a appelé de Rio de Janeiro où se tenait la Conférence mondiale des Nations Unies sur l’environnement en 1992. L’archevêque Renato Martino, chef de la délégation du Saint-Siège, déplorait que les ONG pro-avortement soient si nombreuses et si actives, tandis que la présence des ONG catholiques pro-vie était très faible. Il a demandé si Christine pouvait apporter son aide en impliquant plus de groupes pro-vie et confessionnels pour présenter un message pro-vie/pro-famille lors des futures conférences de l’ONU.
Le mot a fait son chemin et de nombreux groupes pro-vie/pro-famille ont répondu à l’archevêque Martino et ont commencé à faire pression l’année suivante à l’ONU à New York lors des réunions préparatoires à la Conférence sur la Population et le Développement qui devait se tenir au Caire en 1994.
Au moment où la Conférence sur la Population a commencé, des centaines d’activistes compétents et dévoués se sont présentés au Caire comme une coalition souple pour faire pression sur les délégations nationales afin de rejeter pour l’avortement le statut de droit humain international. Ces personnes ont été encouragées par l’archevêque et ont travaillé en étroite collaboration avec les membres de la délégation du Saint-Siège au Caire, de même qu’avec des délégations amicales d’autres pays.
La vision de l’archevêque Martino a été cruciale pour tout cela. »
John Klink a été pendant de nombreuses années le principal négociateur du cardinal Martino. J’ai observé John au fil des ans, rodant dans les salles de conférence et dans les couloirs de l’ONU, négociant tranquillement avec des dizaines de délégations à l’ONU. S’il n’y a pas de droit mondial à l’avortement c’est dû en grande partie au cardinal Martino et à John Klink qui a livré ses réflexions sur la vie, le travail et le dernier voyage du cardinal Martino :
« Le cardinal Martino n’a jamais cessé de s’occuper de l’outsider et s’est montré un grand défenseur de centaines de milliers de réfugiés khmers à la frontière thaïlandaise. Et lors de sa première visite à la frontière thaï-cambodgienne, lorsque nous avons découvert qu’il y avait des séminaristes cambodgiens dans les camps de réfugiés, il a personnellement suivi chacun de leurs cas et s’est assuré qu’ils étaient en mesure de terminer leurs études dans des pays tiers, et tout au long des années suivantes, il a assisté à chacune de leurs ordinations, où qu’elles soient.
De même, lors de ses voyages au Laos où il était également le représentant diplomatique du Vatican, pays toujours sous domination communiste à l’époque, il recueillait autant de fournitures qu’il était capable de transporter/expédier personnellement aux personnes déplacées.
Reconnaissant ses talents uniques, le pape St. Jean-Paul II l’a appelé à Rome et l’a nommé président à la fois du Conseil pontifical de justice et de paix et du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes itinérantes. Au cours de ses périodes donc doublement chargées, il a réussi à publier le Compendium de la doctrine sociale de l’Église et a personnellement visité environ 185 des 195 pays du monde.
En guise de reconnaissance supplémentaire de ses contributions, il a été nommé cardinal en 2003 lors du même consistoire qui a vu le cardinal Pell également nommé cardinal.
Avant de sceller le cercueil de Son Éminence, l’archevêque en charge des cérémonies du Vatican et son assistant ont lu une belle nécrologie papale écrite sur parchemin et officiellement estampillée. Après avoir été signé par tous les membres de la famille et amis présents, le parchemin a ensuite été placé dans une boîte scellée à l’intérieur du cercueil. Le cercueil a ensuite été scellé avec du plomb puis une croix en bronze ainsi que le nom du cardinal , sa barrette cardinalice, ses dates de naissance et de décès ont été apposés sur le dessus en acier.
Nous nous sommes ensuite rendus à pied de l’appartement du cardinal à côté de la Via della Conciliazione jusqu’à St. Pierre où les prières initiales étaient dites, suivies d’une grande messe pontificale solennelle en latin avec le cardinal Re, doyen du Collège des cardinaux, qui a prononcé son homélie/éloge funèbre. À la fin, le pape François est venu pour la bénédiction et l’encensement du corps.
C’était une splendide cérémonie avec une magnifique chorale chantant principalement des chants latins.
Son Eminence a ensuite été emmenée dans sa cathédrale natale de Salerne où elle a été enterrée dans la crypte de la cathédrale selon le souhait qu’elle avait exprimé.
Le cardinal Martino était un grand homme et un grand ami personnel qui a inspiré de nombreuses personnes dans une multitude de pays à travers le monde et il nous manquera beaucoup. Je recommanderais non seulement de prier pour lui, mais aussi de le prier lui, car je crois qu’il continuera d’être aussi actif dans la défense de ceux qui cherchent son aide dans sa vie éternelle qu’il l’était dans cette vie temporelle.»
Reposez en paix Renato Raffaele Martino (23 novembre 1932-28 octobre 2024).
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