La Commission de l’ONU va tester la détermination de Trump sur l’idéologie du genre

By Stefano Gennarini, J.D. | 2025

NEW YORK, 28 février (C-Fam) Les Nations Unies vont bientôt célébrer le 30e anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de 1995. La Commission de la Condition de la Femme (Commission on the Status of Women) sera une occasion clé pour Trump de saper ou de perturber de toute autre manière le programme de l’ONU sur le genre.

Des négociations sont déjà en cours pour une déclaration politique réengageant les pays à participer à la conférence de 1995. Elle devrait être adoptée le premier jour de la Commission. L’administration Trump, dans le style de négociation habituel de ce président américain, met toutes les options sur la table, y compris demander aux délégations de l’ONU de supprimer toute mention du « genre » dans le projet de déclaration. Comme on peut s’y attendre, les représentants du gouvernement Trump sont déjà en conflit avec les délégations européennes hostiles.

Les Européens veulent que la déclaration rappelle expressément l’idéologie du genre, y compris le langage lié à l’avortement et laisse de côté toute référence à la souveraineté nationale.

La délégation de l’UE a demandé que la déclaration contienne des références à la « femme dans toute sa diversité » et à l’« intersectionnalité », deux termes techniques désignant les hommes qui s’identifient comme femmes. Les Européens souhaitent également que la déclaration contienne des références à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs, un fourre-tout pour toutes les questions liées à l’autonomie sexuelle, y compris le droit à l’avortement et les traitements et opérations chirurgicales pour les personnes transgenres.

L’administration Biden s’est alignée sur ces positions il y a seulement quelques semaines. Aujourd’hui, les diplomates américains sont invités par les personnes nommées par Trump à s’opposer à ces politiques.

Si Trump réussit à bloquer l’agenda de l’égalité des sexes à l’ONU, deux scénarios sont possibles à la Commission. Le premier est que la Commission de l’ONU ne parvienne pas à un accord global. Cela affaiblirait le mouvement massif de l’ONU en faveur du genre et donnerait à Trump l’occasion de lancer des initiatives bilatérales contrôlées par les États-Unis en faveur des femmes qui excluent l’idéologie du genre.

Un deuxième scénario consiste à modifier l’accord final de la Commission de manière à ce qu’il définisse le genre comme se référant uniquement aux deux sexes, évite tout langage controversé sur la santé sexuelle et reproductive et inclue des assurances explicites de respect de la souveraineté nationale. Cette option est davantage orientée vers la réforme de l’ONU. Les Européens, qui sont profondément attachés à l’idéologie du genre, pourraient préférer la première option et tenter de surmonter l’administration Trump sans modifier de manière significative la politique de l’ONU.

Ce qui est vrai dans les deux scénarios, c’est que sous l’administration Trump, l’agenda du genre est confronté à un défi existentiel pour la première fois depuis 1995.

S’il y a un moment dans l’histoire à blâmer pour la propagation de l’idéologie du genre dans le monde, c’est bien la conférence de Pékin. L’accord de trois cents pages de la conférence de Pékin a consacré pour la première fois l’idéologie du genre dans la politique de l’ONU et a donné naissance à de nombreuses idées controversées que l’administration Trump tente d’éradiquer du gouvernement fédéral. En fait, c’est cet accord que Biden et Obama ont cité dans leurs politiques exécutives de promotion de l’idéologie du genre.

Au cours des trente dernières années, un lobby mondial du genre a émergé du cadre de la conférence de Pékin. Dirigé par les agences de l’ONU et soutenu financièrement par de puissants gouvernements occidentaux, ce lobby mondial a fait avancer l’idéologie du genre partout avec diligence et opportunisme. Les mécanismes bureaucratiques mis en place pour mettre en œuvre le programme de Pékin sur le genre ont gagné en puissance et en influence de manière exponentielle. Ministères du genre, bureaucraties du genre, subventions de recherche sur le genre, chaires universitaires sur le genre, aide étrangère sur le genre, budgétisation sensible au genre, intégration de la dimension de genre, analyse de genre, etc. L’accord est devenu une vache à lait sacrée pour le mouvement féministe. Quiconque remet en question l’idéologie du genre ou le droit à l’avortement est traité de misogyne. L’administration Trump remet à présent en cause cette position.

Si Trump parvient à faire dérailler la commission le mois prochain, il pourrait faire passer le message que tout pays qui promeut l’idéologie du genre peut se voir interdire de recevoir des financements et le soutien politique des États-Unis.