Le Ghana émerge comme promoteur de valeurs familiales en Afrique

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WASHINGTON, D.C., 12 juin (C-Fam) La semaine dernière, à Accra sa capitale, le gouvernement du Ghana a organisé une conférence africaine interparlementaire sur les valeurs familiales et la souveraineté.  Les participants à la Conférence ont discuté un projet de chartre sur les valeurs familiales pour la région Afrique, au moment où le parlement du Ghana promulguait une loi nationale sur les valeurs familiales et l’envoyait au Président pour signature.

Le projet de chartre repousse l’interprétation toujours plus radicale de l’ONU de la « santé reproductive » promouvant l’avortement, ainsi que le programme scolaire controversé diffusé sous le terme d’« éducation sexuelle intégrale ». Elle affirme que la famille est « le fondement de la société » et que, dans le contexte africain, « genre » veut dire uniquement masculin ou féminin. Elle souligne que les efforts faits pour redéfinir la famille et changer les normes sexuelles sont une forme de néocolonialisme et d’impérialisme culturel imposé à l’Afrique par d’autres régions.

Pour l’instant, des représentants de 20 pays ont exprimé leur accord avec ce projet, tandis que le Ghana, l’Afrique du Sud et le Mozambique s’y opposent. Des organisations progressives, y compris certaines organisations LGBT, se sont alarmées de ce projet et ont tenté de le présenter comme un projet de conservateurs américains et européens. Ipas, une organisation dédiée presque exclusivement à la promotion de l’avortement, a ciblé spécifiquement Family Watch International, organisation basée aux Etats-Unis. Sa présidente, Sharon Slater, a déclaré au Guardian que certes son organisation soutient l’initiative, mais que celle-ci est entièrement « inspirée, initiée, dirigée et contrôlée par l’Afrique ».

Fin mai, en tant qu’entité nationale, le parlement du Ghana a voté un « projet de loi sur les droits sexuels humains et les valeurs familiales », dénoncé par ses critiques comme une « loi anti-LGBT ». Pour être promulguée, cette loi nécessite la signature du président du Ghana John Mahama, qui a exprimé la soutenir.

Alors que beaucoup de pays africains criminalisent les comportements homosexuels, surtout entre hommes, la loi ghanéenne, si elle est promulguée, irait encore plus loin en criminalisant non seulement les actes sexuels mais aussi le fait de s’identifier comme LGBT ou de promouvoir les activités LGBT. Quoique controversé, ce projet de loi bénéficie d’un large soutien, notamment de personnalités chrétiennes, musulmanes et traditionnelles. Au contraire, le bureau des droits humains de l’ONU a condamné une version précédente de ce projet de loi, affirmant qu’il « restreint indument la liberté d’association et d’expression pour tous au Ghana » en plus de « criminaliser les actes sexuels entre personnes de même sexe ».

Au contraire du projet de loi ghanéen, le projet de chartre régionale n’appelle pas à criminaliser, mais plutôt promeut une compréhension traditionnelle de la famille et exprime son opposition à la pression qui a été concentrée par l’ONU, les pays donateurs, et d’autres groupes sur les pays africains pour qu’ils changent leurs lois et leurs normes sociales autour de la famille et de la sexualité humaine. Il souligne que des instruments internationaux ont été « redéfinis ou mal interprétés » pour faire pression sur les pays africains sur l’avortement et réduire leur souveraineté nationale

Au contraire, le projet cite parmi ses sources d’inspiration la déclaration du consensus de Genève, lancé en 2020, qui défend la famille traditionnelle, la souveraineté nationale, et l’importance de donner la priorité à la santé des femmes sans impliquer de droit à l’avortement. Alors que plusieurs pays ont déjà rejoint cette déclaration, le Ghana n’en est pas encore signataire.

En 1985, le Ghana a voté une des lois les plus libérales d’Afrique sur l’avortement, et depuis des décennies a été considéré comme l’un des pays africains les plus progressives sur les questions sociales. Cependant, depuis quelques années, le pays a pris une direction plus conservatrice.  Cela a été attribué à une augmentation du nombre de chrétiens évangéliques – le pays est chrétien à plus de 70% – ainsi qu’à une résistance à l’accroissement d’efforts venant de l’extérieur pour augmenter la visibilité LGBT et changer ses valeurs culturelles.