Le Pape en appelle pour des Nations-Unies moins idéologiques

By Iulia-Elena Cazan | 2026

LE VATICAN, 16 Janvier (C-Fam) Dans son discours annuel au Corps Diplomatique, le Pape Léon XIV en a appelé pour des Nations-Unies plus « focalisées et efficaces » qui mettent en priorité « l’unité de la famille humaine » au-dessus des idéologies. Le Romain Pontife a condamné les guerres en cours, la persécution des chrétiens, la censure au nom de « l’exclusivité », et les pratiques qui excluent la dignité de la vie humaine, qui comprennent l’avortement, l’euthanasie et la gestation pour autrui.

En réfléchissant sur le déclin du multilatéralisme, le Pape Léon XIV a déploré que « la diplomatie qui préconise le dialogue et cherche le consensus entre les parties » soit en train d’être remplacée par « une diplomatie ourdie sur la force, aussi bien par des individus que par des groupes d’alliés. »

Le Pape Léon a stigmatisé l’agression militaire comme un exemple de diplomatie coercitive. Il a donc décrit les pressions subliminales qui amenuisent le dialogue multilatéral, comme l’imposition agressive progressive de réglementations et de valeurs comme universelles.

« Un nouveau langage en style Orwellien est en train de se développer lequel, dans la tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’alimentent » a expliqué le Pape. Dans ce contexte, a dit le Pape, « redécouvrir la signification des mots est peut-être l’un des premiers défis de notre époque. »

Aux Nations-Unies, l’imposition de plusieurs termes ambigus est telle que, dans une tentative désespérée le mois dernier, la Suède n’a pas soutenu une résolution de l’ONU sur l’assistance humanitaire par protestation car on n’aurait pas inséré la santé sexuelle et de la reproduction (SSR) dans le texte final.

Tandis que le système des Nations-Unies et plusieurs gouvernements influents retiennent que le SSR comporte le droit à l’avortement et à d’autres services controversés, d’autres solides membres de l’ONU et des états observateurs, y compris le Saint Siège, interviennent à l’Assemblée Générale pour se dissocier de la SSR et pour préciser qu’ils n’approuvent pas l’avortement.

On peut en dire autant du langage de l’ONU concernant « le genre » ou « l’orientation sexuelle et l’identité du genre », qui est toujours en opposition avec le Saint Siège et les gouvernements du Sud du Monde qui ponctualisent leur adversité envers l’idéologie du genre.

Dans cet cadre, le Pape Léon a défini la persécution des Chrétiens « l’une des crises des droits humains les plus diffusées au monde aujourd’hui » et a insisté sur le fait qu’il « ne fallait pas oublier une subtile forme de discrimination religieuse contre les Chrétiens. »

Le Pape a mis en garde contre les violations de la liberté de conscience et de parole contre les Chrétiens en Occident auxquels on empêche de « proclamer la Vérité de l’Évangile pour des motifs politiques et idéologiques, surtout lorsqu’ils défendent la dignité des plus démunis, des non nés, des réfugiés et des immigrants, ou soutiennent la famille. »

« La liberté d’expression, la liberté religieuse et même le droit à la vie sont limités au nom de prétendus nouveaux droits, avec comme résultat que le véritable réseau soutenant les droits humains perd de sa vitalité et cède du terrain sous pression et oppression, » a continué le Pape.

Le Pape a dit « qu’il est déplorable que des fonds publics soient destinés à la suppression de la vie, au lieu d’être investis dans le soutien aux mères et aux familles » et que le Saint Siège « rejette catégoriquement toute pratique qui nie ou exploite l’origine de la vie et son évolution », y compris l’avortement et la gestation pour autrui.

La Pape a parlé d’une « double attaque » à la famille, qui implique le système international, qui tend à « négliger et sous-estimer son rôle social fondamental, conduisant progressivement à sa marginalisation institutionnelle. »

​Le Pape Léon XIV a élaboré sa « Verbalisation sur l’état du monde » en reprenant La Cité de Dieu de Saint Augustin et a cité l’appel de Saint Augustin aux chrétiens « d’habiter les cités du monde avec leurs cœurs et leurs pensées tournés vers la cité du Paradis » et de montrer de l’amour envers autrui en soutenant la paix et à assumer les plus faibles d’entre nous, ce qui comprend les non nés, les malades, les personnes âgées, les émarginés et ceux qui abandonnent leur pays comme réfugiés.