Les États-Unis se désengagent du système de droits humains de l’ONU

By Rebecca Oas, Ph.D. | 2025

WASHINGTON, D.C., 14 novembre (C-Fam) Les États-Unis ne se sont pas présentés à leur séance de comparution à l’Examen Périodique Universel (EPU), où les pays reçoivent des recommandations sur leur bilan en matière de droits de l’homme de la part d’autres États membres. Cela a conduit à des spéculations selon lesquelles le gouvernement américain se désengagerait complètement du système des droits de l’homme de l’ONU.

Ce serait une décision sans précédent, même sous le Président Donald Trump, qui a retiré les États-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU au cours de son premier mandat, mais a continué à participer à l’Examen Périodique Universel. En revanche, à partir du jour de la deuxième investiture de Trump, les États-Unis ont cessé de contribuer aux examens des autres pays et cette année ils n’ont pas fourni de rapport national pour leur propre examen. De plus, les États-Unis n’ont pas dialogué avec les différents titulaires de mandat spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme lors de leurs récentes visites à l’Assemblée Générale.

Les États-Unis critiquent depuis longtemps les dénonciations répétées d’Israël par le Conseil des Droits de l’Homme et le fait que certains de ses membres sont connus pour leurs propres violations des droits de l’homme. Un porte-parole du département d’État a déclaré que pour les États-Unis, participer à l’EPU reviendrait à soutenir le Conseil des Droits de l’Homme en ignorant l’échec du conseil à condamner les manquements de certains de ses membres. Les États-Unis ne devraient pas être « sermonnés sur leur bilan en matière de droits de l’homme par des membres du CDH comme le Venezuela, la Chine ou le Soudan », a déclaré le responsable.

Dans le passé, l’administration Trump a pu être disposée à faire une distinction entre d’une part les gouvernements présents au Conseil des Droits de l’Homme, et d’autre part le système des droits de l’homme de l’ONU dans son ensemble, mais cette distinction semble s’effacer rapidement. Le gouvernement américain est bien conscient que sa participation à des organisations multilatérales leur confère à la fois la crédibilité et le financement que ces organismes ne peuvent pas obtenir par ailleurs.

Suite à la réduction du financement américain, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a annulé des sessions de ses divers organes de suivi des traités et réduit les services de traduction sur son site internet.

Si le retrait du soutien aux institutions multilatérales est conforme à la politique « L’Amérique d’abord » de l’administration Trump, sa critique du système des droits de l’homme de l’ONU va plus loin. Cela fait des décennies que les experts et les comités de l’ONU outrepassent leur mandat en faisant pression sur les pays pour qu’ils libéralisent leurs lois sur l’avortement et adoptent l’homosexualité et l’idéologie du genre, malgré l’absence de ces concepts dans les traités contraignants de l’ONU sur les droits de l’homme.

En fait, le système des droits de l’homme de l’ONU repose sur la crédibilité qu’il reçoit des gouvernements nationaux. Parmi les critiques les plus féroces des États-Unis pour leur refus de participer à l’EPU, beaucoup sont justement ceux qui ont cherché à utiliser l’EPU et d’autres mécanismes des droits de l’homme pour promouvoir des programmes controversés comme l’avortement, comme l’Union européenne et des organisations non gouvernementales telles que Amnesty International et Human Rights Watch.

Vendredi, le Conseil des Droits de l’Homme a adopté une décision encourageant les États-Unis à renouer avec l’EPU. Un porte-parole de l’Union européenne a souligné que la « crédibilité et l’impact » du mécanisme dépendent d’une participation universelle.

Human Rights Watch a noté dans un communiqué que de nombreuses organisations de la société civile ont déjà soumis leurs propres rapports à l’EPU, qui critiquent les actions des États-Unis sur des questions comme « la régression des droits sexuels et reproductifs et des droits LGBT ».

L’examen des États-Unis à l’EPU a été reporté à l’année prochaine. Étant donné que Trump sera toujours président, rien n’indique que les États-Unis prendront part à cet examen.