Les États-Unis se sont-ils désengagés de l’Examen Périodique Universel ?
WASHINGTON, D.C., le 18 juillet (C-Fam) — Les États-Unis doivent soumettre leur bilan en matière de droits de l’homme à l’examen des autres États membres de l’ONU dans le courant de cette année, dans le cadre d’un processus appelé Examen Périodique Universel (EPU). Cependant, des doutes subsistent quant à la participation effective de l’administration Trump à ce processus, qui fonctionne sous l’égide du Conseil des droits de l’homme de l’ONU — organe que l’administration Trump a critiqué pour son manque de crédibilité et sa posture jugée anti-israélienne.
L’administration Trump s’est retirée de ce Conseil international en février dernier, arguant qu’il manquait de crédibilité en raison de la présence parmi ses membres de pays comme la Corée du Nord, l’Iran et la Russie. Elle a également stoppé tout engagement à l’Examen Périodique Universel.
L’EPU a été instauré en 2006 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Tous les quatre à cinq ans, chaque État membre de l’ONU doit soumettre son bilan en matière de droits de l’homme à l’examen des autres États membres. Ces derniers posent des questions au pays examiné, qui peut alors soit les « admettre », soit simplement en « prendre note ».
Les États-Unis ont activement participé au mécanisme depuis sa création, y compris en étant eux-mêmes examinés à trois reprises et en formulant des recommandations en matière de droits de l’homme à d’autres pays. Cependant, la dernière déclaration des États-Unis dans le cadre de l’EPU remonte au dernier jour de la présidence Biden, lors de la session de janvier 2025. Depuis l’entrée en fonction de Trump, le gouvernement des Etats -Unis n’a émis aucune nouvelle recommandation.
Le fait que le gouvernement américain ait totalement cessé de s’engager auprès du Conseil des droits de l’homme laisse envisager que le retrait de l’administration Trump de cet organe onusien pourrait être total et que cette administration ne soumettrait pas son propre bilan en matière de droits de l’homme à l’examen des autres états membres. Cela marquerait un changement par rapport au premier mandat de Trump . Les États-Unis avaient soumis un rapport à l’EPU en 2020, malgré leur retrait du Conseil des droits de l’homme en 2018. Ils avaient également continué à faire des recommandations à d’autres pays dans le cadre de l’Examen périodique universel.
L’EPU était censé être un forum d’ émulation positive entre pairs sur les questions de droits de l’homme. Les gouvernements dialoguent entre eux et répondent officiellement aux recommandations des uns et des autres. Mais inévitablement, comme c’est souvent le cas avec les mécanismes onusiens, ce processus a été politisé. Certains pays s’en servent pour promouvoir des sujets controversés comme l’avortement ou l’idéologie de genre, qui ne sont pas universellement reconnus comme des droits fondamentaux.
Sous la présidence de Barack Obama, les États-Unis ont fait pression sur d’autres pays avec de nombreuses recommandations sur les droits des personnes homosexuelles et transgenres, en appelant notamment à la dépénalisation de l’homosexualité et à l’adoption de lois contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Cette ligne a été maintenue sous la première administration Trump.
L’administration Biden est allée encore plus loin, avec des recommandations plus agressives et controversées, notamment en faisant pression sur des pays pour qu’ils adoptent le mariage homosexuel en tant que droit fondamental. Biden a également exhorté le Bénin et le Guatemala à retirer leur signature de la Déclaration de Genève sur le Consensus pour la protection de la vie, une initiative lancée par Trump.
Si les États-Unis souhaitent participer à leur examen prévu en novembre, la date limite pour soumettre leur rapport national est fixée au 4 août. Si l’administration Trump actuelle ne soumet pas son rapport national pour la prochaine session de l’Examen périodique universel, le Conseil des droits de l’homme pourrait repousser l’examen des États-Unis à une session ultérieure, probablement en 2027, comme cela a été fait pour l’Ukraine et le Myanmar en raison du conflit et de l’instabilité politique. Mais cela pourrait ne pas avoir d’importance tant que Trump reste au pouvoir.
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