Querelle africano/ européenne à propos du plan stratégique de l’ONU
NATIONS UNIES, 29 août (C-Fam) Une guerre de mots a éclaté lors d’une réunion des Nations Unies visant à approuver le plan stratégique triennal du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). Elle a opposé les Africains aux Européens et aux pays nordiques.
Les Africains se sont plaints de l’utilisation par le FNUAP des concepts de « santé sexuelle et reproductive » pour promouvoir des questions non consensuelles comme l’avortement, les droits sexuels des enfants et l’idéologie de genre. Les Européens et les pays nordiques ont insisté sur le fait que ces sujets étaient essentiels au travail de l’agence.
Une déléguée du Cameroun a critiqué le FNUAP pour avoir négligé la pauvreté, l’éducation et le développement afin de « transformer le FNUAP en une agence de santé sexuelle et reproductive » et de « promouvoir ses aspects les plus controversés ».
Elle a rappelé que l’avortement était illégal au Cameroun et s’est opposée à la focalisation de l’agence sur les « adolescents ». Elle a souligné que les enfants restaient sous la protection de leurs parents et de leur famille.
Un délégué du Nigéria s’est plaint que « certains éléments du plan relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs ne sont pas pleinement compatibles avec notre législation nationale, nos politiques et nos valeurs culturelles ».
Les pays nordiques, les Européens, ainsi que d’autres pays progressistes comme le Canada, le Mexique, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont insisté sur le fait que le travail du FNUAP sur la « santé et les droits sexuels et reproductifs » était essentiel et porteur d’une valeur normative importante.
L’échange s’est déroulé alors que le conseil d’administration du FNUAP adoptait un nouveau plan stratégique pour les trois prochaines années. L’enjeu est de savoir si les agences onusiennes doivent promouvoir ces sujets controversés. Les pays occidentaux qui financent ces agences répondent oui. Les pays traditionnels répondent non.
L’Assemblée Générale a plusieurs fois refusé de donner mandat aux agences de l’ONU pour promouvoir l’avortement ou l’idéologie de genre. Mais les agences onusiennes riches et puissantes ainsi que les pays qui les soutiennent contournent cette objection grâce aux plans stratégiques. Les plans stratégiques contiennent des éléments de langage sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, les droits sexuels, y compris pour les enfants, ainsi que l’éducation sexuelle complète, thématiques que l’Assemblée Générale des Nations Unies a constamment rejetées. Les agences peuvent agir ainsi car elles contrôlent largement les conseils d’administration de ces agences.
Les Africains ont remporté de petites victoires cette semaine. La décision finale a éloigné le conseil d’administration des éléments de langage controversés dans le plan en les qualifiant de « termes qui n’ont pas été entérinés au niveau intergouvernemental dans le système des Nations Unies ». Elle exige que le FNUAP mette en œuvre le plan selon la ligne des accords de l’Assemblée Générale et «en conformité avec les droits humains universellement reconnus », ce qui est compris comme excluant l’avortement et les droits LGBT. Elle exige aussi que le travail du FNUAP soit « aligné sur les priorités et les besoins nationaux, en tenant compte de la législation et du contexte nationaux ».
Malgré l’absence des États-Unis lors des négociations du plan stratégique, un délégué américain à la réunion du conseil d’administration du FNUAP a déclaré que les États-Unis n’agiraient que dans le cadre de la Déclaration de Consensus de Genève, une déclaration commune à quarante pays affirmant que l’avortement n’est pas un droit international et que les agences de l’ONU doivent respecter la famille et la souveraineté.
La directrice exécutive par intérim récemment nommée du FNUAP, Diene Keita, a reconnu ces préoccupations mais les a écartées, affirmant que l’agence travaillait déjà « de manière équilibrée ». Elle a aussi demandé aux États-Unis de « s’impliquer » dans le travail de l’agence. Les États-Unis ont cessé de financer le FNUAP en raison de son action en matière de contrôle des populations en Chine.
Deux autres plans stratégiques de l’ONU seront examinés dans les deux prochaines semaines. L’agence des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) adoptera son plan stratégique la semaine prochaine, et l’agence des Nations Unies pour les femmes (ONU Femmes) devrait adopter le sien au cours de la deuxième semaine de septembre. Tous deux contiennent ces termes controversés.
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