L’Assemblée Générale de l’ONU est en passe de définir l’avortement comme un droit de l’homme

By Stefano Gennarini, J.D.

NEW YORK, le 19 août (C-Fam) L’Union Européenne, de concert avec l’Administration Biden, tente de forcer l’Assemblée Générale à adopter une résolution définissant l’avortement comme un droit de l’homme.

Les délégués sont dans les phases finales de négociation d’une résolution de l’Assemblée Générale déclarant que « l’accès à l’avortement sans risque » est une politique que les gouvernements doivent suivre pour « assurer la promotion et la protection des droits humains de chaque femme ainsi que leur santé reproductive et sexuelle ».

En dépit des objections répétées des pays qui protègent la vie des enfants à naître ou ont des lois restrictives sur l’avortement, la résolution, incluant les nouveaux termes controversés, doit être étudiée pour adoption avant la fin du mois.

Cette résolution constituerait une victoire significative des droits à l’avortement après des années de stagnation dans les débats de l’ONU et procurerait aux agences de l’ONU un mandat clair de promotion de l’avortement au titre d’un droit humain. Les termes « avortement sans risque » ont été rejetés à de multiples reprises dans les négociations d’autres résolutions au cours des dix dernières années.

Les pays occidentaux progressistes qui soutiennent cette résolution depuis le début, dont les principaux pays de l’Union Européenne et l’administration Biden, se sont donné pour priorité d’imposer ces termes. Le diplomate japonais qui menait les négociations a veillé à ce que les délégations ne puissent pas effacer ou ajouter quelqu’élément de langage sur l’avortement que ce soit, la plupart du temps en clôturant les négociation. Malgré des objections répétées durant l’été, les termes n’ont pas été modifiés dans le projet.

Des délégués ont été perturbés et déçus de cette intransigence, allant jusqu’à mettre en doute la droiture des délégations soutenant la résolution. Des personnes participant aux négociations ont dit au Friday Fax que pas un seul des paragraphes de la résolution entière n’avait fait l’objet d’un consensus avant que le projet ne soit présenté cette semaine, différant ainsi des procédures de long terme qui sont la norme dans les négociations de l’Assemblée Générale. Quinze pays ont tenté de bloquer la présentation de la résolution, sans résultat.

Les délégués étaient d’autant plus perturbés par le fait que l’Union Européenne semblait manipuler les négociations. Les États membres européens, qui sont les principaux défenseurs de la résolution, négociaient très agressivement. Cela ne correspond pas au processus normal d’une Assemblée Générale. En temps normal, les principaux défenseurs d’une résolution ne participent pas à sa négociation. Ils se contentent de la faciliter.

Les délégation se sont non seulement opposées aux termes relatifs à l’avortement employés dans la résolution, mais ont également exprimé leurs inquiétudes concernant les termes de langage qui pourraient être utilisés pour soutenir les politiques de promotion de l’homosexualité et du changement de sexe, sous le prétexte de répondre aux violences sexuelles, dont les femmes sont plus souvent victimes.

Le langage relatif à l’avortement a fait un pas de plus vers l’institution de l’avortement comme un droit humain universel mais n’atteint pas son objectif final car il inclut l’avertissement : « Aux endroits où de tels services sont permis par la loi ».

Le terme spécifique « avortement sans risque » n’a pas été largement adopté par le états membres de l’ONU. Et le langage liant l’avortement aux droits de l’homme a soulevé encore plus de controverses au cours des négociations.

En juin dernier, l’Égypte, Bahrain et l’Arabie Saoudite ont proposé un amendement rejetant le terme « avortement sans risque » employé dans une résolution du Conseil des Droits de l’Homme. Cet amendement a été soutenu par près de la moitié des membres du Conseil.

Lors de l’Assemblée Générale, le terme n’a été inclus qu’avec difficulté dans une résolution bi-annuelle portant sur la violence faite aux femmes proposée par la France et les Pays-Bas. Les deux délégations en question étant les soutiens déclarées d’un doit universel à l’avortement.

L’avortement, promu comme droit humain, est largement considéré comme une épine dans le pied du consensus de l’Assemblée Générale, défini en 1994 lors de la Conférence sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire, selon lequel l’avortement est une question qui doit être définie par les législations nationales sans interférences externes, que les gouvernements ont la responsabilité d’aider les femmes à éviter l’avortement, et de veiller au bien être des femmes et de leurs enfants avant et après la naissance.

Depuis près de trois décennies, les pays occidentaux progressistes tentent, à travers le travail des agences de l’ONU, de revenir sur ces mises en garde de la conférence du Caire.

Les agences de l’ONU, et tout particulièrement l’OMS, le Fonds de l’ONU pour les populations, et l’agence de l’ONU pour les femmes promeuvent fréquemment la notion « d’avortement sans risque » sous la rubrique de « santé et droits reproductifs ». Mais elles l’ont largement fait de leur propre initiative, sans mandat de l’Assemblée Générale.