ANALYSE: Sans progrès à l’Onu, les militants des droits sexuels ont raison d’être inquiets

By Stefano Gennarini, J.D. | 2014

NEW YORK, 18 avril (C-FAM) Les sympathisants des droits sexuels ont dû avaler une pilule amère, sexuelle, à la Commission de l’Onu sur Population and Développement.

Les pays riches ne sont pas parvenus à rassembler assez de soutien pour faire inscrire les droits sexuels et des droits abortifs dans une résolution de l’Onu. Cependant du même coup, ils ont renforcé leur position pour la rédaction du nouvel agenda de l’Onu pour le développement, après 2015, rien de bon pour les amis du droit à la vie.

L’establishment des droits sexuels et reproductifs sont anéantis par la résolution de cette année, à l’occasion de l’anniversaire de la Conférence de 1994 sur la population et le développement  (ICPD). En effet, celle-ci n’a pas changé la substance de l’accord qui faisait de la santé sexuelle et reproductive une matière première à fournir aux pauvres par le biais de l’aide au développement.  La conférence n’a pas reconnu l’existence d’un droit à l’avortement, ni aucun droit sexuel. Elle les a plutôt dépeints de manière négative. Par ailleurs, elle n’a fait aucune mention de l’orientation sexuelle et de l’identité sexuelle. Et c’est ce que la gauche essaie de changer depuis vingt sans sans succès.

La Commission de cette année sur la population et le développement était d’autant plus importante qu’elle marquait les vingt ans de l’Accord du Caire. Par ailleurs, c’était la dernière chance d’obtenir des droits sexuels, des droits spécifiques pour les MSM, et d’ajouter les droits reproductifs à l’agenda du Caire d’après 2015, sur lequel l’Assemblée générale prendra sa décision.

En 2010, les Etats sont tombés d’accord pour ne pas renégocier les politiques du Caire. Au lieu de cela, ils ont décidé de proclamer à nouveau les politiques de 1994 au lieu de rouvrir le débat sur tout ce qui a trait à la sexualité et à la reproduction. Pour le Fonds de l’Onu pour la population, qui a gagné le plus des politiques du Caire, il s’est agit d’étendre le sens de l’accord du Caire pendant les conférences du régionales.  Ils espéraient que les conférences servent à faire pression sur les Etats afin qu’ils donnent leur soutien au MSM et à l’Ivg. Au bout du compte, tout ce que l’establishment des droits sexuels  a réussi à obtenir cette année a été une reconnaissance que les différents continents ont de différents principes d’interprétation des Politiques du Caire.

Encore une fois, les attentes des militants, qui espéraient mobiliser un accord universel concernant les droits abortifs et ceux des MSM, se sont révélées irréalistes. Comme l’a affirmé Babatunde Osotimehin, ancien président de l’UNFPA, l’avortement et les MSM restent controversés, comme ils l’étaient il y a vingt ans. Il se confiait à Associated Press, alors que les négociations étaient encore en cours, montrant qu’il ne s’attendait pas à ce que la résolution aille au delà des acquis du Caire.  

Après trois ans de lobbying intense, une douzaine de conférences internationales et 3 millions de dollars de dépensés pour évaluer le Programme d’action du Caire, L’UNFPA n’est pas parvenue à changer ne serait-ce qu’une virgule des accords en ce qui concerne l’IVG et le MSM. Kate Gillmore, une des dirigeantes de l’UNPFA, était visiblement frustrée de l’état des progrès lors des pourparlers, alors que les négociations se terminaient vers 5 :30 ce matin. 

Les organisations pro vie et pro famille se réjouiront de savoir que les militants des droits reproductifs ont échoué à faire avancer leur programme par les voies politiques de l’ONU. L’avortement n’est pas près de devenir un droit de l’homme aujourd’hui, pas plus d’ailleurs qu’il y a vingt dans, et le mariage homosexuel est un pas difficile à franchir même dans les pays où l’homosexualité est de plus en plus acceptée. Mais il y a des risques.

Notre optimisme concernant l’avenir doit être modéré par du réalisme. Il y a au moins un domaine dans lequel les progressistes ne cessent de gagner, et c’est grâce aux financements qu’ils reçoivent, à hauteur de millions et même de milliards de dollars.

L’UNFPA, les gouvernements qui la finance, et ses organisations satellites ont toujours dans leur camp des pays riches pour soutenir et investir dans les politiques du Caire à hauteur de milliards de dollars par an.

Tant que l’agenda du ICPD restera en place, des millions seront alloués aux organisations qui font la promotion de l’avortement.  D’après ces politiques, les organisations peuvent bénéficier de financements dès lors qu’ils fournissent des services de sante sexuelle et reproductive, ou en font la promotion. Ils peuvent contourner les termes et procurer des Ivg, puisque les politiques de l’Onu incluent l’Ivg par définition, même si cela n’est le cas que dans les pays où l’avortement est légal.