A Bangkok, les militantes grognent contre le déroulement du forum féministe
BANGKOK, 21 novembre (C-Fam) Alors que les Etats se préparaient à l’examen global approfondi de l’Onu prévu l’année prochaine, les féministes ont essayé de contrôler le brouhaha dissident qui régnait dans les rangs lors de leur réunion préparatoire de Bangkok de la semaine dernière.
Le tapage de la session finale a révélé les divisions qui règnaient entre les féministes au sujet d’un communiqué de presse favorable au financement public de l’avortement, la légalisation de la prostitution, la dépénalisation de la transmission du VIH à l’insu de la victime, et la fin des tabous sur le comportement des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées).
Les organisateurs avaient présélectionné les participantes et les avaient distribuées entre plusieurs groupes de travail. Les rapporteurs, issus d’organisations comme International Women’s Health Coalition, ont rassemblé les opinions des groupes de travail dans le cadre d’un comité de suivi, qui les a compilées pour en faire un communiqué.
Mais le numéro a mal tourné lors de la session finale, pendant la présentation du communiqué.
Après avoir lu les sections concernant la santé sexuelle et reproductive, les droits sexuels, et le VIH, certaines femmes se sont levées pour se plaindre de ce que le communiqué ne reflétait pas leur point de vue.
En plus du financement public des avortements, le communiqué plaide en faveur de l’abrogation des lois qui « portent atteinte » aux droits des « travailleurs et des artistes du sexe ». Les organisations, « en particulier les associations de femmes et féministes », devraient êtres autorisées à amender les politiques gouvernementales qui « font entrave » aux accords de Bejing.
Sur la question du VIH, il appelle à l’abrogation des législations « pénalisant les travailleurs du sexe, les usagers de la drogues, et les politiques qui assimilent le travail du sexe avec la traite humaine, et pénalisent la transmission du VIH. »
Une participante s’est emparée d’un micro, demandant : « quelle est la procédure ? Devons nous adopter ce communiqué sans y apporter de contribution? »
La modératrice s’en est alors prise à elle : « Il provient des groupes de travail. Si vous avez un problème, adressez-vous au comité. »
Une femme a souligné que les groupes de travail se déroulaient tous en même temps, et qu’elles ne pouvaient pas participer à tous les groupes. Une autre participante a demandé si les rapporteurs avaient communiqué des informations différentes à ce que qui avait été l’objet d’accord pendant les travaux.
Les organisateurs ont vite fait volte-face. Des corrections pourraient être soumises aux rapporteurs.
« De quelle autorité un rapporteur se permet-il de faire des changements unilatéraux en l’absence du groupe de travail ? » demandait une autre femme.
La modératrice a insisté sur le fait que le temps était écoulé. Les participantes devraient « faire confiance » aux organisateurs pour la rédaction du communiqué final.
Bien que les organisatrices aient demandé aux gouvernements d’être responsables et d’agir dans la transparence, elles ont eux-mêmes expulsé une femme qui prenait des notes.
En dehors du forum, une participante a fait observer que les opinions diffèrent s’agissant de la « sexualisation des femmes ». Par ailleurs, les préoccupations des femmes seraient réduites à la question de l’activité sexuelle.
Une de ses collègues a parlé des « dangers » qui émergent lorsque les fonctionnaires chargés des réunions ne publient pas de notes, ou rejettent les plaintes tout en assurant que les questions seront abordées et résolues.
L’année prochaine marquera le vingtième anniversaire de la plate-forme d’action de Beijing. Les lignes de conduite politiques sur l’égalité sexuelle, qui ne comprenait pas les droits abortifs et ne donnait pas son aval à prostitution. Certains considèrent cet événement marquant comme une opportunité d’être inclus dans la réinterprétation de l’accord dans le cadre de conférences régionales précédant la conférence Beijing+20 en mars prochain.
Le Forum de Bangkok, qui rassemblait les organisations féministes et bénéficiait du soutien d’ONUFemmes, avait pour but d’influencer les pays d’Asie et du Pacifique tout au long de l’examen global régional.
Ils espèrent également pouvoir influencer les prochains objectifs de l’Onu sur le développement. Ceux-ci seront prochainement l’objet d’une décision, et remplaceront les Objectifs du millénaire pour le développement, huit priorités devenues les standards mondiaux du travail humanitaire et de l’aide extérieure.
Toutes les participantes à ce forum ne correspondent pas au mythe mis en avant par les féministes. Une jeune femme silencieuse, ancienne usagère de drogue et sidéenne a changé de visage quand on lui a posé des questions sur sa fille. Après avoir fièrement souligné que sa fille de cinq ans était née sans le VIH, elle a expliqué :
« Quand ma fille est née, je suis devenue vivante ».
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