Hillary Clinton est embarrassée par les Etats-Unis

By Rebecca Oas, Ph.D. | 2014

NEW YORK, 19 septembre (C-Fam)  « C’est embarrassant, je veux dire vraiment embarrassant».

L’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a expliqué à un public international de militantes féministes pro IVG que les Etats-Unis n’étaient pas près de ratifier le traité de l’Onu sur le droit des femmes. « Non pas que nous n’ayons pas essayé, mais à cause du manque de soutien.»

Clinton concluait vendredi dernier la conférence de deux jours intitulée « Women and Girls Rising » à la Fondation Ford de New York. La conférence avait débuté par les remarques de Gloria Steinem. Elle était organisée par l’auteur d’une biographie flatteuse de Margaret Sanger, fondatrice du Planning familial. L’ancien directeur du personnel de la Maison Blanche de Clinton, John Podesta a également exprimé son embrassement face au refus des Etats-Unis de ratifier le Traité CEDAW. Il ajoutait  que nombreux sont ceux qui « pensent que les Etats-Unis ne peuvent plus ratifier quoi que ce soit ces temps-ci. »

Pendant les débats des tables rondes, organisées tout au long de la conférence, les participants se sont étendus sur les conférences internationales du Caire et de Pékin, organisées pendant les années 1990. Ils ont également partagé de nombreuses anecdotes personnelles. La professeur Rosalind Petchesky du Hunter College se rappelait avec émotion « le bon veux temps, surtout quand on se déguisait en drag queen à Cocoyoc [au Méxique].”

Le directeur du Fonds de l’Onu pour la Population Dr. Babatunde Osotimehin a déclaré qu’il avait été rejeté par la délégation diplomatique de son pays natal, le Nigéria lors de la Conférence du Caire, et n’avait pu s’y rendre que grâce à Carmen Barroso, du Planning Familial, lui avait obtenu une place auprès d’une délégation d’une ONG américaine.

Françoise Girard, porte parole de la International Women’s Health Coalition, a rappelé que lors de la conférence du Caire+5 en 1999, plusieurs organisations pro-IVG de pays en majorité catholiques en avaient eu assez d ‘écouter le Vatican parler de tous les services sociaux que l’Eglise prodiguait dans les pays en développement. En réponse, elles procédaient à une collecte impromptue. A la fin de la journée, elles présentaient leur panier à des diplomates « choqués », en leur disant : « nous ne voulons pas de votre argent ni de vos services sociaux ; voilà. » « Et bien sûr, nous avons pris une photo de cela et nous ont sommes servi dans nos actions militantes », a expliqué Mme Girard, prenant pour exemple la « créativité et l’humour qui est souvent nécessaire pour gagner dans de telles circonstances. »

D’après Françoise Girard, en plus de leurs actions douteuses, « le militantisme coûte très cher ». Ces dernières années son organisation « a reçu plus de 400 bourses de voyage pour que les militantes viennent à New York participer aux différentes sessions de l’agenda post 2015 », dit-il faisant référence aux négociations de l’agenda prochain du développement.

Anne-Marie Goetz, d’ONUFemmes, a également évoqué le récent Sommet de Londres sur la Violence à l’égard des femmes en zones de guerre. Celle-ci aurait été influencée par le « contrecoup » qui a paralysé le progrès du mouvement féministe depuis la conférence du Caire. D’après Goetz, l’activisme a été « séparé un peu de l’agenda visant à donner plus de pouvoir [aux femmes] et de la notion selon laquelle la solution consiste à s’attaquer au patriarcat. »

Les libéraux n’ont pas été épargnés par les critiques féministes. Petchesky a accusé le Département d’Etat américain d’Hillary Clinton d’avoir instrumentalisé les droits LGBT et les droits sexuels sous le manteau pur des droits de l’homme. D’après elle, les Etats-Unis et le Royaume-Uni se sont servi des pressions récentes sur les droits des personnes LGBT pour masquer les « violations graves des droits de l’homme et les séquestrations de prisonniers, etc. »