La filière de la pilule abortive
WASHINGTON, D.C., 24 juillet (C-Fam) La lutte globale autour de l’avortement évolue rapidement : ces dernières années, une partie des changements importants ne se passent plus dans les chambres législatives mais dans les chaînes de production, en raison de l’augmentation des avortements autonomes par pilule.
Le démantèlement de l’USAID et la Politique de Mexico a porté un coup sévère au lobby mondial de l’avortement ; toutefois, comme l’écrit Samantha Lejeune de l’Institut pour la Recherche sur la Population (IRP) : « le vide laissé par l’USAID n’est pas simplement comblé par de nouvelles sources de financement. Il est comblé par un système réorganisé. »
Comme le rapporte l’IRP, cette évolution est incarnée par une organisation relativement peu connue appelée DKT International. Pendant des décennies, le mouvement international pour l’avortement a été représenté par des organisations comme la Fédération internationale des plannings familiaux (IPPF) et MSI Reproductive Choices, anciennement Marie Stopes International, qui s’occupent de la sensibilisation du public ainsi que de l’accès à l’avortement et à la contraception grâce à leurs partenaires internationaux.
Cependant, DKT International, qui se présente comme « le plus grand fournisseur mondial en matière de santé reproductive et d’accès à l’avortement » aux mécènes progressistes, se décrit en même temps comme une modeste entreprise fournissant des produits sanitaires de base dans les pays où elle est présente.
DKT a été fondée en 1989 et a reçu des fonds de feue l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) pour la planification familiale internationale. Cependant, les financements américains pour l’avortement se sont taris grâce à l’amendement Helms. Quand les administrations républicaines ont appliqué la Politique de Mexico, un ordre exécutif supprimant les financements pour les groupes promouvant ou pratiquant l’avortement, DKT a choisi de renoncer à tout financement américain, de même qu’MSI International et l’IPPF.
À cause de l’imprévisibilité du financement américain et du choix fait par beaucoup de pays mécènes européens de privilégier la sécurité nationale par rapport à l’aide internationale, DKT s’est orienté vers un objectif plus commercial au prix de ses financements gouvernementaux, bien qu’ils reçoivent encore des financements de certains pays, comme la Suède, ainsi que de philanthropes comme la Fondation Gates.
Parallèlement, DKT poursuit son travail avec d’autres organisations qui s’engagent dans du militantisme politique pro-avortement ainsi que pour l’accès à l’avortement dans de nombreux pays. Ils ont un partenariat exclusif avec Ipas pour fabriquer, promouvoir et distribuer des aspirateurs manuels intra-utérins (MVAs), utilisés pour les avortements chirurgicaux.
DKT agit également comme un lien essentiel entre le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et l’avortement. Tandis que l’UNFPA et ses alliés aux Congrès des États-Unis affirment publiquement qu’ils ne pratiquent pas d’avortements, le fait est que l’UNFPA s’est associée avec Ipas pour proposer des avortements au Bangladesh à des réfugiés birmans. De plus, l’UNFPA Supplies distribue aussi bien des MVAs, grâce au partenariat exclusif de l’Ipas et de DKT, que des pilules abortives, soi-disant pour être utilisées comme soin post-avortement.
DKT vend les pilules abortives, comprises dans un pack mixte, à l’UNFPA, qui les met à son tour sur le marché pour être utilisées en cas de fausses couches ou pour traiter des évacuations utérines incomplètes suite à un avortement antérieur. Cependant, de même que les MVAs, une fois que ces pilules sont rendues facilement accessibles, elles peuvent tout aussi bien être facilement utilisées pour des avortements.
Dans des pays où l’avortement est légalement restreint, comme dans plusieurs pays d’Amérique latine, des groupes d’avortement ont créé des réseaux de distribution pour les pilules abortives. L’Organisation mondiale de la santé a soutenu cette initiative en valorisant l’avortement comme une forme de soin individuel et a qualifié les avortements médicaux autonomes de « sûrs », tout en incluant des médicaments abortifs sur leur liste de « médicaments essentiels ».
Cependant, rien de cela n’assure l’accès universel à l’avortement à moins qu’il n’y ait une source fiable de médicaments et d’appareils, et c’est là où les sites de production de DKT ainsi que ses filières d’approvisionnement fournissent un appui essentiel.
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