La nouvelle présidente de Guttmacher ne permettra pas aux faits d’entraver son agenda politique
NEW YORK, 9 mai (C-FAM) L’institut Guttmacher a dévoilé cette semaine l’identité de sa nouvelle présidente. Il s’agit d’une militante de l’avortement, qui s’oppose à la transparence des données statistiques dans le domaine de la santé, préférant « enfermer les universitaires dans une boîte noire » jusqu’à ce qu’ils acceptent l’existence d’un « consensus sur les chiffres ».
Ann Starrs, cofondatrice de l’organisation pro-IVG Family Care International, devrait bientôt prendre les commandes de cet institut de recherche, qui a été fondé par le Planning familial. L’instut Guttmacher se considère comme la source de données par excellence dans le domaine de la reproduction et de la sexualité.
Si l’approche de Ann Stars est compatible avec le positionnement de son nouvel employeur sur la relation entre les faits et les données, le besoin d’une discussion ouverte sur les statistiques dans le domaine de la santé mondiale n’ont jamais été si grands, surtout par rapport au débat sur les estimations par l’Onu du nombre de femmes qui meurent de causes liées à la grossesse et à l’accouchement.
En 2010, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), dirigé par Christopher Murray, un ancien employé de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), a publié une étude dans le Journal médical de référence the Lancet, qui remet en question les données de l’Onu dans le domaine de la mortalité maternelle. Selon lui, ces chiffres sont largement inférieurs à ce que proclame l’OMS. Le rédacteur en chef du Lancet, a dû faire face aux pressions des lobbys, qui voulaient que cette publication soit différée. Parmi eux figurait bien sûr Ann Starrs, qui a pressé les scientifiques « à déclarer au moins qu’ils sont en désaccord » avec l’article, de crainte que des nombres contradictoires jouent en défaveur de leurs efforts de plaidoyer.
Les dirigeants de l’ONU ont fait écho aux appels de Starrs à prendre une position de « consensus » sur les statistiques, relayant en second plan l’indépendance académique. Plusieurs mois plus tard, les institutions de l’Onu mené par l’OMS a publié des chiffres révisés, qui étaient bien plus proches des estimations du IHME de cette année.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques remettent en cause les données de l’OMS. L’IHME a déclaré que le nombre de morts à mettre sur le compte de la malaria est deux fois plus élevé que celui publié par l’OMS, en particulier en ce qui concerne des enfants.
La semaine dernière l’IHME a publié un article actualisant ses données sur la mortalité maternelle mondiale dans le Lancet. Il rapporte plus de 300 000 morts maternelles en 2013, 22% de moins qu’en 1990. Cependant, selon le groupe dirigé par l’OMS, les taux de mortalité maternelle auraient baissé de 45% pendant la même période. Ces deux évaluations sont bien loin des objectifs du millénium pour le développement (OMD), qui voulaient atteindre une réduction du taux de mortalité maternelle de trois quarts entre 1990 et 2015. [Voir le tableau.]
Ces estimations polémiques, de 376 034 morts maternelles selon l’IHME et 523 000 selon l’OMS, ont d’importantes implications politiques pour l’avenir.
« Toute la communauté [militante pour la santé maternelle] vit de chiffre de 500 000 décès de femmes par an depuis trente ans, a déclaré Murray au Guardian. Les militants se sont servis de cette estimation exagérée pour créer un sentiment de crise. Ils ont présenté leurs nouveaux chiffres comme signe d’un grand espoir pour l’avenir.
Pour le IHME, la mortalité maternelle a diminué sans interruption, mais beaucoup plus lentement qu’on ne le pensait précédemment. Par ailleurs, l’amélioration a commencé à se faire sentir avant l’avènement des OMD, et rien n’indique que ces derniers aient joué un rôle quelconque pour accélérer cette diminution.
Alors que les Etats membres de l’Onu sont en train de décider quels objectifs de l’Onu sur le développement durable succèderont aux OMD, la transparence et l’exactitude des données sont d’une importance capitale pour que les ressources financières soient utilisées le mieux possible. C’est particulièrement crucial puisque les militants assimilent certaines « solutions », comme l’avortement, avec le combat pour la santé des femmes en général.
Lorsqu’on lui a déclaré l’année dernière à la conférence Women Deliver qu’on ne pouvait pas dire que donner un médicament pour mettre fin aux saignements après l’accouchement « sauvait des vies », Ann Starrs a repondu qu’ « étant donné le degré d’attention et les attentes des décideurs », il était parfois nécessaire que les messages des militants aient recours à l’hyperbole.
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