Le basculement à droite de l’Amérique latine pourrait venir affermir les pro-vie à l’ONU
NATIONS UNIES, 29 mai (C-Fam) Un tournant politique à droite à travers toute l’Amérique latine pourrait menacer le consensus de gauche de l’ONU sur l’avortement, le genre, le climat et l’immigration, pour la première fois en deux générations.
La droite a remporté une série de victoires dans la région, parmi lesquelles la Bolivie, le Chili, le Costa Rica, l’Équateur et le Honduras, ce qui rend possible l’alignement des délégations d’Amérique latine avec le gouvernement Trump, et non avec l’Union européenne. Les dirigeants conservateurs récemment élus sont ouvertement pro-vie et pro-famille et sont plus favorables à une politique conservatrice.
Lors de la campagne pour l’élection de 2025, l’actuel président du Chili, Antonio Kast, a déclaré : « Je suis un homme de convictions. Je soutiens la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. » Il a aussi critiqué la « propagande ou le soutien pour l’avortement et les idéologies de genre » dans l’éducation publique. La nouvelle présidente du Costa Rica, Laura Fernández, a déclaré que le gouvernement avait l’« obligation de défendre la vie de ceux qui ne sont pas encore nés » et que l’avortement n’était « rien d’autre qu’un meurtre ».
Pendant plus de vingt ans, les gouvernements d’Amérique latine ont été un allié stable de la gauche aux Nations Unies. Les Démocrates et l’administration européenne ont mobilisé leur réseau d’influence dans le dos de l’Amérique pour consolider des priorités de gauche dans la politique de l’ONU. Désormais, ils font face à la possibilité d’une vraie contestation. Réchauffement climatique, ouverture des frontières, idéologie du genre, et droit à l’avortement figurent au menu habituel des grands accords de l’ONU.
Ces derniers mois, ces positions ont été remises en question par l’administration Trump. Pour le moment, en Amérique latine, seuls l’Argentine et le Paraguay ont offert leur soutien aux États-Unis. Après les récentes élections, le nombre de pays dans cette région soutenant l’administration Trump pourrait dépasser la dizaine.
L’administration Trump devra travailler de manière concertée pour égaler la pression diplomatique de l’Union européenne et d’autres acteurs progressistes dans la région et modifier les mécanismes administratifs existants afin de s’accorder avec les délégations latino-américaines de l’ONU pour réformer les Nations Unies.
Changer la politique de l’ONU ne va cependant pas de soi. Les positions des délégations dans l’Assemblée générale et les autres organes de l’ONU ne reflètent pas toujours les réalités politiques dans leurs pays. Ce n’est pas parce qu’une nation d’Amérique latine a élu un gouvernement conservateur que les positions de sa délégation à l’ONU changeront en conséquence. À cet égard, les progressistes ont plusieurs avantages sur les conservateurs dans les débats de l’ONU.
Les progressistes bénéficient d’une importante inertie bureaucratique. L’Union européenne, en tant que principal acteur progressiste aux Nations unies, a créé de nombreux niveaux de contrôle autour des débats de la politique de l’ONU, grâce à des engagements politiques avec des gouvernements, et en finançant un vaste réseau d’organisations de gauche en Amérique latine.
Les progressistes ont également un avantage personnel. À cause de leur mandat à long terme dans l’administration, les progressistes peuvent s’appuyer sur des diplomates et des fonctionnaires versés dans les débats de l’ONU et qui comprennent les mécanismes administratifs utilisés pour discuter et décider de la politique de l’ONU à la fois au niveau national et au niveau international.
Les conservateurs, d’un autre côté, ne sont pas impliqués dans des organisations internationales. Ils ont tendance à s’engager seulement quand ils sont directement menacés, mais la plupart du temps ils négligent les mécanismes internationaux, inefficaces selon eux et considérés comme une perte de temps. Par conséquent, ils n’ont pas assez d’experts pour occuper les postes politiques et administratifs nécessaires pour changer efficacement la politique de l’ONU.
La difficulté de modifier la politique de l’ONU s’est manifestée au cours des récentes périodes politiques en Europe. La Pologne, la Hongrie, l’Italie, la Croatie, la Slovaquie, et plusieurs nations d’Europe centrale ont élu des gouvernements conservateurs pro-vie et pro-famille lors de la dernière décennie. Mais ils n’ont pas réussi à altérer la politique de l’ONU, d’aucune façon notable. La plupart n’ont même pas essayé.
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