L’IA intègre des biais liés au genre

By Diana L. Banister | 2026

NATIONS UNIES, 16 octobre (C-Fam) ONU Femmes a annoncé en septembre son projet de bâtir une nouvelle plate-forme mondiale d’intelligence artificielle (IA), qui façonnera l’information numérique et « intégrera les principes de l’égalité de genre » dans la nouvelle technologie.

ONU Femmes affirme que les plate-formes IA existantes utilisent des informations biaisées et des algorithmes discriminatoires ; cette importante agence de l’ONU pour les femmes rassemble donc en ce moment des chercheurs, des gouvernements, des sociétés de technologies, des experts numériques et des organisations pour le droit des femmes dans le but d’établir un centre IA qui influencera, concevra et encadrera la technologie.

« L’IA peut renforcer l’inégalité de genre ou aider à la vaincre », a déclaré Sima Bahous, sous-secrétaire générale et directrice exécutive d’ONU Femmes, dans une déclaration annonçant ce projet. « À UNGA81 [81e session de l’Assemblée générale de l’ONU], le message d’ONU Femmes est clair : l’égalité n’est pas seulement une affaire de représentation. C’est aussi une affaire de pouvoir. L’IA nous aide déjà à transformer le pouvoir économique, social et politique. »

En grande partie financée par les pays européens de gauche, ONU Femmes travaille à gagner du pouvoir politique depuis sa création en 2010 en tant qu’« entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ». Aujourd’hui, l’organisation milite pour l’agenda LGBTQ, les droits reproductifs, et l’idéologie du changement climatique.

L’année dernière, les É.-U. ont refusé d’approuver un plan stratégique sur quatre ans d’ONU Femmes car il faisait la promotion de l’idéologie du genre et de l’avortement, dans une tentative pour éradiquer la réalité biologique et le sexe via des références à « l’orientation sexuelle et l’identité de genre », « la santé et les droits sexuels et reproductifs », et « l’intersectionnalité ».

Des organisations de la société civile s’inquiètent de ce que la nouvelle plate-forme d’ONU Femmes s’apprête à introduire ce vocabulaire et ces objectifs dans les mots-clefs et dans l’information reçue par les consommateurs utilisant la technologie, et de ce que la « direction » donnée à l’IA éliminera ou passera au crible les opinions contraires.

« L’idée d’ONU Femmes dirigeant et influençant l’IA est un concept effrayant », a déclaré Kris Ullman, présidente d’Eagle Forum, l’organisation féminine fondée par feue Phyllis Schlafly. « Leur militantisme radical pour les droits trans et pour l’avortement va infiltrer les plate-formes IA et évincer les concepts traditionnels de la femme et de la famille, qui sont ceux tenus par la majorité ».

Ce projet est fondé sur un rapport publié par ONU Femmes, anticipant le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA de l’ONU et le Sommet mondial de l’IA au service du bien social de Genève, Suisse, prévu en juillet, qui détaille les multiples façons dont l’IA « comprend les femmes de travers ».

En étudiant 133 systèmes d’IA, 44% ont démontré un langage sexiste et ont révélé des algorithmes discriminatoires. Le rapport a documenté un schéma récurrent selon lequel des grands modèles de langage (LLM) associaient apparemment les femmes avec le « foyer », la « famille », et les « enfants », et les hommes avec le « travail », la « direction », le « salaire », et la « carrière ». Selon le rapport, environ 20% des réponses de ces opinions manifestement sexistes et misogynes des LLM ont été incorporées dans les systèmes IA.

La rapport indiquait également que l’IA intensifie la violence basée sur le genre. Le Programme ACT pour mettre fin aux violences faites aux femmes, financé par l’Union européenne, a interrogé des femmes dans 119 pays, tirant la conclusion que les attaques en ligne affectent maintenant la sécurité des femmes, leur bien-être, et leur capacité à se sentir en sécurité en public. L’IA rend « les contenus abusifs plus faciles à créer et plus difficiles à contrôler », a découvert le programme.

Autrefois militant contre les « violences faites aux femmes », ONU Femmes parle maintenant de « violence basée sur le genre » de manière à inclure tous les genres. La nouvelle plate-forme IA combattrait ce contenu.

ONU Femmes déplore le manque de femmes dans les secteurs à haute technologie : elles représentent seulement 30% du personnel travaillant dans l’IA. Ils s’inquiètent de ce que les hommes prennent les décisions sur « qui est vu, comment ils sont représentés, et de qui l’histoire est racontée… sans contrôle humain ou perspective de genre. »

Les femmes seront également affectées de manière disproportionnée par la perturbation économique causée par le potentiel remplacement par l’IA de nombreux métiers, selon le rapport. ONU Femmes démontre les conséquences socio-économiques pour les femmes cependant que l’IA devient une partie centrale de la vie quotidienne.

« Les femmes et les filles, leurs droits, leur voix, leurs besoins et leurs perspectives – doivent donc être fondamentaux pour concevoir et façonner le futur [de l’IA], » a déclaré Bahous.