L’ONU appelle à dépénaliser l’héroïne et la prostitution

NATIONS UNIES, 26 juin (C-Fam) L’Assemblée générale a adopté une déclaration en faveur de la dépénalisation de la drogue, la prostitution, la non-divulgation du VIH/sida aux partenaires sexuels, l’autonomie sexuelle pour les enfants, et l’acceptation sociale des mœurs homosexuelles et transgenres.

Cette déclaration, qui guidera la réponse de l’ONU au VIH/sida pour les cinq prochaines années, a été adoptée malgré un nombre record d’objections et d’abstentions.

Les éléments controversés dans la déclaration ont été inclus en dépit des objections du gouvernement Trump et de nations africaines et asiatiques. Malgré les objections, la déclaration a été adoptée avec 149 voix pour, 8 contre, 14 abstentions et 22 absents.

C’est la seconde fois que la déclaration de l’ONU sur le VIH/sida n’est pas adoptée à l’unanimité. En 2021, la déclaration avait également été soumise au vote. 165 nations avaient alors voté pour et seules 4 avaient voté contre, ce qui montre que l’approche de l’ONU envers le VIH/sida devient de plus en plus controversée avec le temps.

La déclaration confirme à nouveau l’approche du VIH/sida développée par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, ONUSIDA, en collaboration avec les autorités sanitaires américaines sur les trente dernières années, sous la direction d’Anthony Fauci. Cette approche est centrée sur la réduction des conséquences. Elle part du principe que demander à des individus d’adopter continence sexuelle et responsabilité est irréaliste. Elle tente de réduire la charge virale de VIH/sida dans des populations clefs en fabriquant des médicaments antirétroviraux disponibles partout, à la fois pour ceux qui sont infectés et ceux qui ne le sont pas.

Pour que cette approche fonctionne, tous ceux qui sont considérés comme faisant partie des « populations clefs » parce qu’ils adoptent des comportements à haut risque – comme l’usage de drogue, la prostitution, et des comportements homosexuels et transgenres – doivent prendre des médicaments antirétroviraux qui coûtent cher. Les agences de l’ONU font valoir que pour que tous les membres des populations clefs aient accès aux traitement antirétroviral sans stigmatisation ou discrimination, il est nécessaire de dépénaliser l’usage de la drogue, la prostitution, et la non-divulgation du statut VIH/sida aux partenaires sexuels, tout en faisant la promotion de l’autonomie sexuelle pour les enfants et l’acceptation sociale des mœurs homosexuelles et transgenres.

L’Union européenne et les nations occidentales ont souligné l’importance de poursuivre les efforts envers les « populations clefs ». Selon le texte de la déclaration, celles-ci comprennent les hommes homosexuels et les autres hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les personnes transgenres, ceux qui s’injectent de la drogue, et les prostitués. Ils insistent également sur le fait que les diagnostics, les traitements, et la prévention devraient être assurés par la « santé communautaire », ce qui signifie en substance donner des fonds gouvernementaux à des organisations qui satisfont les penchants spécifiques des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, des proxénètes et des prostitués, des personnes transgenres, et de ceux qui s’injectent de la drogue.

Un représentant du Burundi a critiqué le changement de lois réclamé par la déclaration, pour abolir le consentement des parents et du conjoint en tout ce qui concerne le VIH/sida. Il a déclaré que c’était une « attaque directe envers l’institution du mariage et l’un de ses principes les plus fondamentaux, à savoir le consentement mutuel entre les époux. »

« Cela sape la confiance, la responsabilité partagée, et les valeurs sur lesquelles les familles sont fondées. Il est inacceptable que des documents internationaux encouragent des approches qui érodent délibérément la base de la famille et de l’unité familiale, qui est universellement reconnue comme la cellule de base naturelle de la société », a-t-il insisté.

« Ma délégation rejette en particulier les multiples références à de prétendues populations clefs avec une identité sexuelle et de genre, une éducation sexuelle approfondie, ainsi que les centres de de santé sexuelle et reproductive et les droits reproductifs. Ce sont des notions hautement controversées. Elles ne rencontrent pas l’accord de tous les États membres. »

Des déclarations objectant aux éléments controversés dans ce texte ont également été faites par l’Algérie, le Bangladesh, la Biélorussie, le Burkina Faso, le Cameroun, les nations du Golfe, l’Égypte, l’Indonésie, l’Iran, le Malawi, la Malaisie, le Mali, la Namibie, le Nicaragua, le Nigéria, le Paraguay, le Sénégal, plusieurs nations asiatiques, la Tanzanie, la Turquie et l’Ouganda.

Le gouvernement américain a consacré plus de 100 milliards de dollars sur les 20 dernières années à l’effort de réponse contre le VIH/sida mené par l’ONU via le programme PEPFAR. La députée américaine et ambassadrice Tammy Bruce, représentante permanente à l’ONU, était présente lors de l’adoption de la déclaration politique. Elle a déploré que cette déclaration « diverge de sa mission cruciale en incluant des sujets clivants » sans prendre position sur les politiques sociales que d’autres nations trouvent contestables.