Un cardinal africain se confronte avec le « colonialisme » de l’UE
WASHINGTON, D.C. 31 Juillet(C-Fam) – Au cours d’une conférence tenue à Bruxelles, un important cardinal catholique guinéen a reproché sévèrement à l’Union Européenne de vouloir imposer l’idéologie du genre et l’avortement au Continent africain.
« Dans les relations entre l’Union Européenne et l’Afrique, les mots sont employés aujourd’hui non pas pour expliquer la réalité mais pour la cacher, et même pour la déformer. »
Le Cardinal Robert Sarah, ancien responsable du Dicastère pour la Liturgie et les Sacrements au Vatican, s’est exprimé durant une conférence au Parlement Européen invité par les membres des groupes européens Conservateurs et Réformistes et avec le concours des organisations européennes pro-vie et pro-famille.
L’utilisation et l’abus du langage a été un thème souvent répété dans le discours de Sarah, en partant du mot grec Logos, qui « indique aussi bien la raison que l’expression. »
« Les mots, pour un chrétien, ne sont pas de simples outils, mais expriment la crédibilité qu’ils communiquent. »
« Comment l’Afrique peut-elle se fier de l’Europe qui parle avec des mots ambigus, ayant un double-sens ? » a demandé le cardinal. Il a affirmé que l’ambiguïté des mots dans les traités et les résolutions « ne sont pas des outils de coopération mais des outils de perversion et une forme implicite de néocolonialisme par le pouvoir et la culture économique. Quiconque a le contrôle du langage détermine effectivement les décisions d’une négociation. »
Parmi les termes ambigus qu’il a critiqués figurent « le genre », « la santé sexuelle et de la reproduction », et aussi « les droits de l’homme », qui sont employés par l’UE pour imposer « catégories juridiques étrangères à notre histoire, à notre foi, à notre culture, à notre vision anthropologique ».
Le Cardinal Sarah en citant la récente lettre encyclique du Pape Léon XIV, ainsi que les papes précédents François et Benoit XVI, a insisté qu’une compréhension correcte de l’anthropologie humaine doit-être le premier souci de tout projet politique.
En prenant de mire les résolutions de l’UE qui ont comme priorité l’accès à l’avortement légalisé, il a dit « un système juridique qui élève l’avortement à droit fondamental […] oblige les États, les communautés religieuses, le personnel médical et de l’enseignement à se conformer à une vision de l’homme incompatible avec les principes de la Foi. »
Il a cité les Accords de Samoa, une plateforme de collaboration qui depuis 20 ans régularise les relations entre l’UE, l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, en sollicitant les gouvernements à « prévoir une éducation sur le comportement sexuel et de la santé reproductrice ».
Le cardinal a remarqué que, sur la base d’une telle planification, « l’enseignement devient le laboratoire où on transmet aux enfants la conviction que leur propre identité sexuelle est totalement fluide et déterminée par soi-même, indépendante du corps, de leur histoire familiale, de leurs relations. »
Il a condamné l’emploi des « programmes de formation et de soutien piloté pour pénétrer le tissu culturel des pays africains, en redéfinissant la personne et la famille selon les critères sécularisés occidentaux qui n’ont rien à voir avec l’histoire de ces populations. »
En concluant, le Cardinal Sarah a invité l’Europe à se soumettre avec urgence à « un sérieux examen de conscience. »
« Écoutez l’Afrique. Respectez sa souveraineté culturelle. Offrez une collaboration gratuite, sans la contraindre à des programmes idéologisés. »
Il a dressé un parallélisme entre la crise de l’Eglise occidentale et la crise de l’Occident lui-même. « C’est parce que l’Église dans de nombreuses nations européennes a perdu sa propre identité, sa voix prophétique, que l’Occident même a perdu le sens de sa propre civilisation. »
Pour toute réponse, le cardinal a suggéré que l’Europe « veuille recevoir de l’Afrique ce qu’elle peut encore offrir à un Occident épuisé : le témoignage d’une foi vivante et son sens de la famille, qui peut aider l’Europe à retrouver son propre logos. »
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