Le torchon brûle à l’Assemblée générale de l’ONU

 

NATIONS UNIES, 18 septembre (C-Fam) Les dirigeants du monde entier se rassembleront à New York au cours des deux prochaines semaines pour ouvrir la nouvelle session de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU. Ils doivent aborder des questions actuelles géopolitiques et économiques, parmi lesquelles les conflits en Ukraine et en Iran, les tarifs américains, l’émergence de l’intelligence artificielle, et les réformes de l’ONU. Ils doivent également soulever des problèmes sociaux sensibles tels que l’avortement, l’idéologie du genre, et la censure.

Les questions sociales ont gagné de l’importance dans les négociations de l’ONU au cours des deux dernières années à cause du gouvernement Trump. Depuis que Trump a commencé son second mandat, le gouvernement des États-Unis a adopté une ligne de conduite ferme contre l’activisme de l’ONU pour l’avortement, le genre, et la censure.

Après le départ des dirigeants internationaux, au cours des trois prochains mois, l’Assemblée générale va négocier et adopter l’ensemble des résolutions – au nombre de 350 environ – qui déterminent ce que le système de l’ONU peut et ne peut pas faire, y compris en ce qui concerne la politique sociale.

Les actualités politiques dans l’hémisphère occidental pourraient être décisives pour décider de l’issue de ces négociations. À part le Brésil, le Mexique, l’Uruguay, Cuba et le Nicaragua, tous les gouvernements d’Amérique latine sont entre les mains de dirigeants populistes de droite. Mais les positions réelles des gouvernements élus ne se traduisent pas toujours par des directives diplomatiques claires à New York. Il y a un important décalage bureaucratique, qui empêche souvent les gouvernements conservateurs de l’emporter sur les priorités bien établies de l’élite diplomatique mondiale.

Plus important, les É.-U. vont devoir convaincre les nations en voie de développement de se ranger du côté des États-Unis contre l’administration européenne, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, et d’autres riches nations occidentales en ce qui concerne les questions sociales. En théorie, cela ne devrait pas être trop difficile car la plupart des nations en voie de développement sont plus conservatrices socialement que les nations occidentales. Mais les Européens sont parvenus à faire en sorte que les nations en voie de développement restent neutres et bottent en touche pour bloquer les propositions des États-Unis. Ils veulent que les politiques sociales de gauche demeurent au centre des programmes de l’ONU. Ils exhortent les gouvernements à attendre le départ de l’administration Trump, affirmant qu’une fois que les Démocrates auront repris le contrôle du Congrès et de la Maison-Blanche, le système de l’ONU reprendra son fonctionnement habituel.

Pour l’instant ils l’ont emporté. Mais déjà durant l’année dernière il y a eu des signes montrant clairement une voie pour changer la politique de l’ONU. En plusieurs occasions, les Européens ont contourné les règles de procédure pour bloquer un vote important qui aurait pu faire reculer les politiques sociales de gauche. C’est arrivé l’automne dernier quand les Européens ont retiré une résolution déterminant la réponse humanitaire de l’ONU en cas d’urgence, telle que guerre ou catastrophe naturelle, plutôt que de voter des amendements américains qui auraient ajouté des restrictions pro-vie à la résolution. C’est de nouveau arrivé quand les États-Unis ont proposé une résolution pour définir le genre comme se référant uniquement à l’homme et à la femme à la Commission de la condition de la femme en mars. Les Européens ont dû bloquer un débat sur cette résolution en utilisant un vote procédural hautement controversé. Et c’est arrivé cet été quand une résolution sur la santé mentale a été retirée plutôt que de risquer un vote qui aurait arrêté la promotion à l’ONU des procédures de rejet du sexe.

Reste à voir si l’administration Trump peut mobiliser les ressources du Département d’État américain pour constituer une coalition de gouvernements conservateurs pour contrer l’administration européenne au sein de l’Assemblée générale. Pour ce faire, il sera primordial de convaincre les nations en voie de développement que les États-Unis ne s’intéressent pas aux manœuvres sociales de l’UE pour promouvoir l’avortement, l’idéologie du genre, les droits sexuels, ou la censure, et que le gouvernement américain est un partenaire plus fiable que n’importe quelle autre nation occidentale sur le long terme.