L’Italie s’oppose à l’Union Européenne sur la gestation par autrui

NATIONS UNIES, 10 juillet (C-Fam) Le gouvernement d’Italie a annoncé qu’il lance un moratoire mondial sur la GPA pour protéger les femmes et les enfants de l’exploitation et des abus. Cela s’est passé au Conseil des droits de l’homme à Genève. La bureaucratie européenne s’est empressée de combattre cet effort.

« Les femmes ne devraient jamais être réduites à des instruments de reproduction et les enfants ne devraient jamais faire l’objet de transactions », a déclaré Eugenia Roccella, la ministre italienne de la Famille, de la Natalité, et de l’Egalité des chances.

Roccella a fait cette annonce au Conseil des droits de l’homme lors d’un événement annexe tenu conjointement par le Chili, le Cameroun et le Saint-Siège. Elle a attiré l’attention sur le caractère mondial de la GPA, commerce qui produit des milliards de dollars, et sur le besoin d’une réponse internationale cohérente et coordonnée pour protéger les femmes et les enfants de l’exploitation.

« Les contrats de GPA peuvent créer des conditions qui exposent les femmes et les enfants à l’exploitation, la coercition, la traite et d’autres dangers importants concernant leurs droits humains. Quand ces conditions existent, la communauté internationale ne peut tout simplement pas détourner le regard », a insisté Roccella. L’Italie a criminalisé la GPA en 2004, et en 2024 elle a étendu les sanctions contre toute personne tentant de faire reconnaitre en Italie un contrat de GPA.

Tout en reconnaissant « le désir légitime d’avoir un enfant », l’archevêque Ettore Balestrero, nonce apostolique auprès des Nations Unies à Genève, a déclaré que « tout enfant a le droit à une origine purement humaine ». Il a affirmé que la GPA viole les droits de l’enfant et déforme « la vocation relationnelle originelle de la famille ».

Philipe Kipreos Palao, directeur des droits de l’homme au Ministère des Affaires étrangères du Chili, a déclaré que le moratoire proposé était « une mesure prudente et responsable visant à empêcher de faire plus de mal tout en permettant de développer des garde-fous plus robustes et des réponses légales coordonnées ».

Salomon Eheth, l’ambassadeur du Cameroun auprès des Nations Unies, a aussi précisé que les lois de son pays criminalisent et punissent la pratique de la GPA. « Ni le corps d’une femme ni la vie d’un enfant ne devrait devenir l’objet d’un contrat de transaction commerciale ».

Répondant à ceux qui défendent la GPA volontaire ou altruiste, le professeur Ursula Basset, conseillère à la direction Nationale aux affaires internationales du Ministère de la Justice d’Argentine, a déclaré : « Je croirai à la gestation pour autrui quand une femme riche sera mère porteuse pour une femme pauvre ».

L’appel au moratoire sur la GPA suit les recommandations d’un rapport de Reem Al-Salem, rapporteur spécial à l’ONU sur les femmes. Son dernier rapport appelle les pays à protéger les femmes des violences. Elle demande spécifiquement que les pays protègent un vocabulaire spécifique pour les mères, basé sur la biologie, pour assurer la protection des mères, répétant sa phrase signature « on ne peut pas protéger ce qu’on ne peut pas définir ».

Al-Salem et les soutiens du moratoire ont subi une réaction négative immédiate de la part de l’Union Européenne pendant une réunion officielle du Conseil, à peine quelques minutes après l’événement annexe. L’Irlande, s’exprimant au nom de 26 des 27 Etats-membres, a affirmé que « la loi internationale sur les droits humains ne définit pas la maternité ». Ils accusent Al-Salem de contribuer à la violence contre les femmes. « Restreindre qui peut être appelé mère risque d’effacer des réalités diverses et de renforcer les stéréotypes de genre qui contribuent à la discrimination et aux violences ».

Le délégué de l’Italie a exprimé son désaccord avec les 26 autres membres de l’Union Européenne. « L’Italie croit que le soutien à la maternité est essentiel pour garantir la liberté et la dignité des femmes. Ce n’est qu’alors que chaque femme est vraiment libre de décider si et quand avoir des enfants », a-t-elle affirmé, et elle a remercié Al-Salem pour son travail sur la GPA et la maternité.

La déclaration de l’Italie sur un moratoire sur la GPA n’a pas encore été rendue publique.